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Démarchage téléphonique : trois mois après l’interdiction du 11 août, qui a vraiment raccroché ?

Depuis le 11 août 2026, appeler un particulier sans son accord est interdit. Pourtant, le téléphone continue de sonner. Trois mois plus tard, le bilan a tout du paradoxe : sur le papier, la loi pèse d'abord sur les entreprises qui la respectent. État des lieux, chiffres à l'appui, et conséquences concrètes pour les équipes commerciales qui prospectaient les particuliers.

3 nov 2026
Temps de lecture : 
11 mn
Plateau d’appels désert au crépuscule, combinés raccrochés, et au premier plan un smartphone qui sonne (image générée par IA)

En résumé

En résumé :

Depuis le 11 août 2026, l'article L. 223-1 du code de la consommation, réécrit par la loi du 30 juin 2025, interdit de démarcher un particulier par téléphone sans son consentement préalable. Bloctel, l'ancienne liste d'opposition, a disparu.

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Les appels non sollicités continuent : 43 000 signalements ont été déposés entre le 1er août et le 30 septembre, selon la DGCCRF. Les enquêtes de presse les attribuent surtout à des acteurs qui ignorent la loi.

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Les entreprises en règle ne peuvent plus appeler que leurs clients sous contrat (pour une offre liée à ce contrat), les particuliers qui ont donné un consentement prouvé et les professionnels. Leur prospection se resserre sur leur base de clients, les rappels demandés et les recommandations.

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Dix jours. L'accalmie a duré 10 jours. Selon 60 Millions de consommateurs, le volume d'appels de démarchage a d'abord nettement reculé après l'entrée en vigueur de la loi, avant de retrouver son niveau habituel dès la fin du mois d'août.

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Sur ce blog, nous avions pourtant annoncé, avant le 11 août, « la fin programmée du “cold calling” à grande échelle ». Trois mois plus tard, le constat mérite d'être nuancé. Les appels n'ont pas disparu : ils ont changé de main. Les fraudeurs continuent d'appeler, souvent depuis l'étranger, sans se soucier de la loi. Les entreprises qui la respectent, elles, sont tenues de raccrocher. Ce sont elles qui portent la contrainte, et elles doivent composer avec un texte dont plusieurs zones restent floues.

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Cet article fait le point sur les chiffres disponibles, sur ce que la loi autorise encore, sur les situations où elle laisse place au doute, et sur ce que tout cela change pour les forces de vente...

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Trois mois après, les appels n'ont pas cessé, ils ont changé de main

Des signalements en forte hausse

Entre le 1er août et le 30 septembre 2026, la DGCCRF a enregistré 43 000 signalements pour démarchage abusif sur SignalConso, sa plateforme de réclamation en ligne. À titre de repère, l'année 2025 entière en avait compté 113 926. La DGCCRF invite elle-même à la prudence dans la comparaison : une partie de la hausse est mécanique, car les plaintes qui se répartissaient entre plusieurs dispositifs convergent désormais vers SignalConso.

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Les témoignages vont dans le même sens. Une question écrite adressée au gouvernement le 22 septembre cite le cas d'une habitante du Territoire de Belfort : dix-neuf appels reçus en deux semaines, dont huit le même jour, certains passés par des automates.

Qui appelle encore ?

Les enquêtes de presse et les données de l'Arcep, le régulateur des télécoms, dessinent un portrait assez net des appelants qui ont continué :

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  • des plateformes installées à l'étranger, hors de portée immédiate des sanctions françaises ;
  • des numéros masqués ou usurpés, qui empêchent d'identifier l'appelant ;
  • des automates vocaux, capables de passer un très grand nombre d'appels à faible coût ;
  • des fichiers alimentés par les jeux-concours, les ventes privées et les sites de tests de produits, puis revendus par des courtiers en données.

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Économie Matin pointe aussi la responsabilité de certains opérateurs, qui fournissent des numéros et du temps d'appel sans vérifier le consentement des personnes appelées.

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Face à ce volume, les moyens de contrôle interrogent. En 2025, la DGCCRF a contrôlé 6 300 établissements et prononcé 11 millions d'euros d'amendes. Depuis le 11 août, deux sanctions ont été rendues publiques, mais toutes deux portent sur l'ancien dispositif Bloctel : 1,1 million d'euros pour l'opérateur Syma Mobile en septembre, et 300 000 euros en octobre pour AS Media, une société qui vendait des fichiers contenant les numéros de personnes inscrites sur Bloctel, c'est-à-dire de celles qui avaient précisément refusé d'être démarchées. À la date de rédaction de cet article, nous n'avons trouvé aucune sanction prononcée sur le fondement du nouveau régime.

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La DGCCRF elle-même reste prudente : « il est beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions », déclarait-elle aux Échos le 21 octobre. L'association Que Choisir Ensemble, de son côté, attribue la persistance des appels à une souplesse excessive accordée aux entreprises pour se mettre en conformité (Le Figaro, 23 octobre).

Côté particuliers, la défense est d'abord technique

Depuis le 1er janvier 2023, les plateformes de démarchage doivent appeler depuis douze préfixes dédiés : 0162, 0163, 0270, 0271, 0377, 0378, 0424, 0425, 0568, 0569, 0948 et 0949. Les filtrer est un premier réflexe.

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L'application Saracroche va plus loin. Gratuite, open source et développée bénévolement, elle bloque et identifie environ 16 millions de numéros indésirables, à partir des données de l'Arcep et des signalements de ses quelque 2,5 millions d'utilisateurs. Les iPhone sous iOS 26 proposent aussi un filtrage natif des appels inconnus. Et 67 % des Français ne décrochent déjà plus face à un numéro qu'ils ne connaissent pas, selon l'Arcep.

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Ces filtres ont toutefois une limite : ils ne font pas le tri entre l'appel frauduleux et l'appel légal. Un client qui a donné son accord, ou dont le contrat est en cours, peut être bloqué comme les autres. Pour les entreprises honnêtes, c'est un premier effet de bord.

Pour les entreprises en règle, ce qui reste permis

Le principe : pas d'appel sans consentement prouvé

Le nouvel article L. 223-1 du code de la consommation pose le principe en une phrase : « Il est interdit de démarcher par téléphone, directement ou par l'intermédiaire d'un tiers agissant pour son compte, un consommateur qui n'a pas exprimé préalablement son consentement à faire l'objet de prospections commerciales par ce moyen. »

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Ce consentement doit être libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable, et résulter d'un « acte positif clair ». Une case précochée ne suffit pas, l'acceptation de conditions générales de vente non plus. Selon le décret du 23 juillet 2026, la demande de consentement doit indiquer l'identité de l'entreprise qui appellera et la nature des offres proposées. Le consentement vaut un an au plus. Il peut être retiré à tout moment. C'est à l'entreprise d'en apporter la preuve, qu'elle doit conserver au moins trois ans.

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Précision importante de la DGCCRF : il n'est pas possible d'appeler un particulier pour lui demander son consentement.

Quatre portes restent ouvertes

Les quatre situations où l'appel reste possible
SituationCe que permet la loiÀ quelles conditions
Client sous contrat en coursAppel possible sans consentementL'appel doit avoir un rapport avec l'objet du contrat, y compris pour proposer des produits ou services afférents, complémentaires ou de nature à en améliorer la qualité
Particulier qui a donné son consentementAppel possibleConsentement explicite, nommant l'entreprise et la nature des offres, valable un an au plus, preuve conservée trois ans
Particulier qui a demandé à être rappeléDéfendable, sans base explicite dans le texteDemande prouvée, nommant l'entreprise, rappel rapide et limité à l'objet de la demande
Professionnel (B2B)Hors du champ de la loiAppel en rapport avec sa profession, information et droit d'opposition au titre du RGPD

Des règles communes à tous les appels

Même quand l'appel est autorisé, il reste encadré. Il ne peut avoir lieu que du lundi au vendredi, hors jours fériés, de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 20 heures, sauf si le particulier a accepté d'être appelé à une date et une heure précises. Une entreprise ne peut pas appeler ou tenter d'appeler la même personne plus de quatre fois sur trente jours. Le vendeur doit annoncer son identité et le but commercial de l'appel, et son numéro ne peut pas être masqué.

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Les sanctions ont de quoi faire réfléchir : jusqu'à 75 000 euros d'amende pour une personne physique et 375 000 euros pour une entreprise, avec publication possible de la décision. Surtout, tout contrat conclu à la suite d'un démarchage illégal est nul. Et l'entreprise qui a profité de ces appels est présumée responsable, y compris lorsqu'ils ont été passés par un sous-traitant ou un centre d'appels, sauf à démontrer qu'elle n'est pas à l'origine de l'infraction.

Les zones grises, là où se jouent les ventes

Un contrat « en cours », mais jusqu'où ?

Sur le papier, l'exception du contrat en cours paraît généreuse. Dans les faits, ses contours restent à préciser. Ni la loi, ni le décret, ni la foire aux questions publiée par la DGCCRF le 17 septembre ne définissent ce qu'est un produit « afférent » ou « complémentaire ». La CNIL, lors de son webinaire commun avec la DGCCRF, s'en tient à une lecture prudente : l'exception couvre les produits complémentaires et l'amélioration du service prévu au contrat, pas une offre sans lien, et à condition que le client ne s'y soit pas opposé.

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En attendant les premières décisions de justice, voici comment le cabinet Victoris Avocats lit quelques situations courantes.

L'exception du contrat en cours : quelques lectures (Victoris Avocats)
SituationLecture du cabinet
Assurance habitation en cours, proposition d'une garantie objets de valeurCouverte par l'exception
Assurance habitation en cours, proposition d'une assurance autoLecture fragile
Forfait mobile en cours, proposition d'un forfait supérieurCouverte par l'exception
Forfait mobile en cours, proposition d'une box internetZone grise
Lave-vaisselle livré et payé, proposition d'un sèche-lingeConsentement requis : le contrat est exécuté
Abonnement résilié, appel de reconquêteConsentement requis, sans délai de grâce

Le client d'hier redevient un prospect

Le point le plus sensible concerne les clients qui n'ont plus de contrat en cours. La DGCCRF l'a précisé dans sa foire aux questions : un contrat de vente prend fin dès la remise du bien et le paiement du prix. Un abonnement résilié ne laisse aucune période de grâce. La garantie légale de conformité ne compte pas comme un contrat en cours. Le client dormant redevient donc, au regard de la loi, un prospect comme un autre.

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Prenons un cas fréquent en concession automobile. Un client fait réviser sa voiture. L'entretien est réglé, le contrat est exécuté. Le rappeler trois semaines plus tard pour lui présenter un véhicule neuf suppose, selon toute vraisemblance, son consentement. Même si un contrat d'entretien ou une garantie commerciale court toujours, le lien avec l'achat d'un véhicule neuf resterait à démontrer. Faute de jurisprudence, la prudence s'impose.

Le lead acheté a perdu l'essentiel de sa valeur

Un contact issu d'un comparateur ou d'un générateur de leads ne vaut consentement pour l'acheteur que si le formulaire d'origine le désignait nommément comme l'entreprise qui appellerait. Un lead revendu à plusieurs distributeurs se concilie mal avec cette exigence. La CNIL l'a rappelé en septembre 2026, en clôturant une procédure engagée contre Solocal Marketing Services : l'entreprise qui utilise des données reste responsable de la validité des consentements recueillis pour son compte par ses partenaires. Pour se mettre en conformité, Solocal a dû contrôler les formulaires de collecte de ses fournisseurs, par une analyse automatisée doublée d'une vérification humaine. L'affaire concernait des campagnes par SMS et par e-mail, mais rien ne laisse penser que la logique serait différente pour le téléphone.

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Il en va de même pour un numéro recueilli sur un salon, transmis par un partenaire ou relevé dans un annuaire. Aucun ne vaut consentement à lui seul.

Le flou ne freine que ceux qui s'en soucient

Le fraudeur installé à l'étranger ne lit pas la foire aux questions de la DGCCRF. L'entreprise française qui a pignon sur rue, si. C'est elle qui renonce à l'appel douteux, qui conserve ses preuves pendant trois ans et qui expose ses contrats à la nullité. Trois mois après son entrée en vigueur, la loi pèse donc d'abord sur les acteurs qu'elle ne visait pas en priorité.

Le carnet d'adresses se resserre : ce que cela change pour les vendeurs

Une précision s'impose avant d'aller plus loin. Aucune donnée publique ne mesure encore l'effet de la loi sur les entreprises qui prospectaient légalement : ni baisse de chiffre d'affaires, ni report chiffré vers d'autres canaux, ni bilan des centres d'appels. Nos recherches, menées secteur par secteur (automobile, assurance, banque, télécoms, énergie, immobilier, franchise), n'en ont trouvé aucune à la fin octobre 2026. Ce qui suit découle donc de la lecture du texte, pas de statistiques.

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Pour les équipes qui prospectaient des particuliers, la conséquence est simple à énoncer : elles ne peuvent plus aller chercher n'importe qui. Le vendeur doit désormais travailler à partir de ce qu'il a déjà.

La base de clients devient le premier gisement

Les clients sous contrat forment le seul public que l'on peut appeler sans consentement, à condition de leur proposer une offre liée à ce contrat. Pour en tirer parti, le vendeur doit connaître, client par client, le contrat en cours, son échéance et les offres qui s'y rattachent. Ces informations existent le plus souvent dans les outils de l'entreprise, mais elles arrivent rarement jusqu'au vendeur au moment où il décroche son téléphone.

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Prenons un exemple fictif. Un réseau de cinquante agences d'assurance compte 60 000 clients sous contrat. Chaque mois, plusieurs centaines d'entre eux arrivent à une échéance, déménagent, ou ne détiennent qu'une garantie là où une option complémentaire aurait du sens. Ce sont précisément les appels que la loi autorise. Encore faut-il que chaque conseiller sache, le matin, lesquels lui reviennent, et dans quel ordre les traiter.

Le rappel demandé se traite dans l'heure

Chaque demande de rappel, qu'elle vienne d'un formulaire en ligne ou d'une visite en agence, devient un contact précieux. Elle n'est défendable que si elle est prouvée et traitée vite. Le site juridique Gdroit recommande de rappeler sous 48 heures. Une demande qui attend une semaine sur un bureau perd à la fois sa valeur commerciale et sa solidité juridique.

Le consentement se recueille à chaque contact

Le showroom, l'agence, le salon et le site web deviennent les lieux où se construit le fichier de demain. Encore faut-il que le consentement soit recueilli dans les règles : par un geste explicite du client, en nommant l'entreprise et la nature des offres. Et comme il expire au bout d'un an, il faut aussi suivre sa date d'échéance.

La recommandation prend le relais

Le client satisfait reste le meilleur apporteur d'affaires. Mais le numéro qu'il transmet ne vaut pas consentement de la personne recommandée. Le parcours doit donc permettre au filleul de donner lui-même son accord, comme nous le détaillions dans notre article sur le parrainage face aux nouvelles barrières légales.

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Au fond, la question que se pose chaque matin un vendeur change de nature. Elle était : « combien d'appels aujourd'hui ? ». Elle devient : « qui ai-je le droit d'appeler, pour lui proposer quoi, et dans quel ordre ? ».

Rendez-vous en août 2027

Plusieurs signaux seront à suivre dans les prochains mois. Les premières sanctions prononcées sur le fondement du nouveau régime diront si la DGCCRF a les moyens de ses ambitions ; un député a d'ailleurs demandé au gouvernement un bilan mensuel des contrôles depuis le 11 août. Un expert en cybersécurité cité par le Journal de l'économie anticipe aussi un report des entreprises légales vers le SMS et l'e-mail, deux canaux déjà soumis, pour les particuliers, à une règle de consentement préalable comparable.

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Mais la vraie échéance tombera en août 2027. Les consentements recueillis dans la foulée de la loi arriveront alors à expiration. Les entreprises qui auront organisé leur renouvellement garderont leur fichier. Les autres repartiront de zéro, un an après tout le monde.

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Sommaire

Les questions fréquentes

Qu'est-ce qui a changé le 11 août 2026 pour le démarchage téléphonique ?

Depuis le 11 août 2026, date d'entrée en vigueur de la loi du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques, l'article L. 223-1 du code de la consommation interdit de démarcher un particulier par téléphone sans son consentement préalable, libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable. La liste d'opposition Bloctel a disparu. Sans consentement, seuls restent possibles les appels liés à un contrat en cours.

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Le démarchage téléphonique est-il interdit entre professionnels ?

Non. La loi entrée en vigueur le 11 août 2026 protège les consommateurs. La prospection téléphonique d'un professionnel reste possible, à condition que l'appel ait un rapport avec sa profession et qu'il puisse s'y opposer, conformément au RGPD.

Une entreprise peut-elle appeler un client existant ?

Oui, si un contrat est en cours et si l'appel a un rapport avec l'objet de ce contrat, y compris pour proposer des produits complémentaires. Un client dont le contrat est terminé ou résilié doit en revanche donner son consentement.

Combien de temps un consentement au démarchage est-il valable ?

Un an au plus. Le particulier peut le retirer à tout moment, et l'entreprise doit en conserver la preuve pendant au moins trois ans.

Peut-on appeler un particulier pour lui demander son consentement ?

Non. La DGCCRF le précise : il n'est pas possible d'appeler un particulier pour obtenir son consentement.

Comment bloquer les appels de démarchage ?

En filtrant les douze préfixes réservés au démarchage, ou en installant une application comme Saracroche, qui bloque environ 16 millions de numéros indésirables. Les appels abusifs se signalent sur SignalConso.

Que risque une entreprise qui démarche sans consentement ?

Jusqu'à 375 000 euros d'amende, la publication de la sanction et la nullité des contrats conclus à la suite de l'appel. L'entreprise qui en a profité est présumée responsable, y compris si l'appel a été passé par un sous-traitant, sauf preuve contraire.

Des plateformes de prévision commerciale comme Gong ou Clari conviennent-elles à un réseau de revendeurs ?

Ces plateformes appartiennent à la famille de la revenue intelligence : elles analysent l'activité commerciale enregistrée dans les systèmes de l'entreprise, objets du CRM, messagerie connectée, enregistrements d'appels, étapes de pipeline. Leur efficacité repose sur un postulat, celui de commerciaux salariés de l'entreprise et utilisateurs de ses outils. Dans un réseau indirect, le vendeur qui rencontre le client final travaille pour un tiers, avec ses propres systèmes. Aucune de ses interactions ne laisse de trace exploitable par la marque. L'obstacle tient au modèle de distribution et non au budget : acheter les licences ne donnerait pas accès à des utilisateurs qui n'appartiennent pas à l'entreprise.

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